Roumanie Août 2010

Pour ouvrir le carnet de bord «Roumanie 2010» de Gilles et Marie, cliquez ici :    pdf 

Vous pouvez régaler vos yeux en visionnant les images de nos amis Thierry et Line. Cliquez sur ce lien : Roumanie 2010 Thierry et Line
Ainsi qu'avec l'album de Marinette, en cliquant sur ce lien : Roumanie 2010 Marinette

 


Ci après :

le super article de notre ami Serge Grandvaux.
2 photos insolites !!

 « Bon, si tu es d’accord, nous ferons trois groupes, comme à l’habitude, car 25 motos dans un seul groupe ce n’est pas gérable et pas très prudent. »
C’était notre seule contrainte pour emmener 44 personnes découvrir la région des monastères en Roumanie.

Avec Christian nous étions sûrs de notre affaire car nous avions tout balisé, tout reconnu de ce parcours qui s’annonçait sous les meilleurs auspices. Mais sur un peu plus de 4 500 km l’aventure et surtout la mésaventure sont toujours possibles.
Nous avions un souhait, ou plutôt deux souhaits. Le premier très basique pour ce genre de Voyages Randonnées Organisés A Motos : faire découvrir un pays un mode de vie, un ailleurs, un autrement. Le second, un peu plus secret, plus personnel : faire aimer ce pays qui nous est si cher et où nous avons lié tant d’amitié.

Pour cela nous avons panaché les plaisirs, dans les différents domaines.

Pour l’itinéraire, il y avait de l’autoroute beaucoup, certains diront peut-être trop, il y avait des petites routes très carrossables, il y en avait d’autres beaucoup moins carrossables.
Pour le repos, nous avons hébergé tout ce petit monde, dans des gîtes, dans des hôtels avec tout plein d’étoiles, dans d’autres avec un peu moins d’étoiles, chez l’habitant. Il y eut des repas pantagruéliques à la roumaine, d’autres plus légers, des très typés, certains moins dépaysants, bref, il y en eut pour tous les goûts et pour tous les appétits.

Pour les paysages : 
Les fans des hautes cimes,  se sont régalés à partir de Salzbourg. 
Ceux qui aiment le romantisme d’une immensité monotone durent atendre Budapest pour découvrir l’incommensurable plaine hongroise.
Les accros de la ville furent ravis de découvrir Vienne visitée à la cadence d’une valse tourbillonnante. A Budapest, ils ont trouvé un rythme plus calme, un commentaire empli de finesse et d’humour par une guide qui aime son pays comme on chérit l’enfant blessé qui revient à une vie normale. Beaucoup de lucidité, de tendresse, d’humanité dans vos paroles, bravo et merci chère Eva). 
Ils ont apprécié le changement en arrivant à Câmpulung, à Goura. Comment ne pas avoir le coup de foudre pour ces deux villes nichées au cœur de la moyenne montagne roumaine verdoyante et calme. L’air du temps qui s’arrête leur donne une respiration qui berce et enivre à la fois. Georgeni n’apparut pour beaucoup que comme une ville étape pour voyageurs déjà fatigués par de longues journées, Cluj, l’universitaire, ne titilla la curiosité que des plus courageux.  Oradea était-elle déjà trop près de la frontière et du chemin de retour pour intéresser le plus grand nombre ? Pourtant avec un peu de crédit, elle pourrait rivaliser avec les plus belles. Costi nous l’a expliqué avec douceur et nous a dévoilé beaucoup de ses charmes passés qui n’attendent qu’un riche mécène pour à nouveau resplendir. Bratislava réveilla les plus blasés, émerveilla tout le monde, ensorcela quelques uns. C’est une ville surprise. Il paraît que Vienne lui fit de l’ombre. On nous expliqua aussi, mais sans rancune, sans rancœur que les Tchèques l’ignoraient dédaigneusement. Aujourd’hui on pourrait paraphraser certains en disant « Vienne  a le nom, le renom, Bratislava a le beau, le bon ».
Mais ceux qui étaient venus pour voir la campagne de Roumanie, le pays profond, réel n’ont pas perdu leur temps. En vrac : les carrioles tirées par les chevaux, les vielles petites maisons, les meules de foin, les marchés multicolores, les monastères, nombreux, (trop nombreux ?), les lacs, les forêts de feuillus, de sapins, Sapenta et son cimetière qu’on appelle joyeux.

Tout cela a-t-il répondu aux attentes des uns et des autres. ? Nous l’espérons.

Mais ce n’est là qu’un écrin. Au cœur de tout cela vivent des Roumains. Quel contraste avec l’image qu’en France, une politique d’amalgame voudrait nous donner, en exorcisme à toutes nos difficultés, de ce peuple. N’avez-vous pas ressenti comme il est accueillant, si heureux de recevoir des français et de leur parler de leur pays. Certes la barrière de la langue complique les échanges mais nombreux sont ceux qui parlent français, Misi, bien sûr, mais aussi le guide du musée des traditions du bois, la moniale (sœur baguette) de Suceava, et bien d’autres. Avec en plus quelques brides d’allemand par ci, d’anglais par là  on arrive à se dire quelques mots. Ce que la langue ne sait énoncer, un sourire le traduit immédiatement.

Il ne faudrait pas oublier que tout n’est pas facile en Roumanie, que tous les Roumains ne vivent pas au même niveau. Que de questions sur des choix qui peuvent surprendre. Pourquoi tant de temps et tant d’argent pour l’immense toit en tavaillons d’un monastère alors que des tziganes tendent la main ? Pourquoi ces gros quatre-quatre doublant des carrioles misérables. Bien d’autres questions encore. C’est ici à chacun de se poser des questions et d’essayer d’apporter ses explications, ses débuts de réponse et de s’interroger à nouveau. 

C’était l’autre partie de notre secret : n’apporter aucune réponse. Simplement montrer pour susciter la réflexion. Partir avec des idées en tête, les confronter à la réalité, revenir avec des brides de réponse et beaucoup d’autres interrogations. Avoir envie de repartir, là-bas ou ailleurs, de recommencer.  N’est-ce pas cela voyager à la façon VROAM ?

 

Article de Serge Grandvaux


 

chantal


 

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