A moto dans les Monts du Pilat

Cette virée Vroam restera dans les mémoires, et pour en avoir une bonne idée, il vous suffit de cliquer sur les noms des auteurs d'un superbe album photo: Carine et Alain Bady.

Pour voir l'album de Michel Boulesteix sur Ste Croix en Jarez, cliquez: LA.

L'album de Chrsitine Samour, avec un clic: ICI.

Vous pouvez voir aussi quelques uns de mes clichés complémentaires, en cliquant: ICI.

Eric.

Voici maintenant, le récit de ces 4 jours, raconté par Jean-Yves Foureau:

 LES MONTS DU PILAT

 « Allons sans nous lasser, à l'assaut des lacets »

 

Voilà un titre qui mérite sans doute une petite explication ...
Disons que cette sortie pourrait être placée sous le « signe du lacet » et oui en effet le Mont Pilat, région pour la plus part d'entre nous un peu méconnue, s'avère être un excellent terrain de jeu pour les motards avides de lacets, mais nous y reviendrons. Par ailleurs il se trouve que cette région riche d'anciens métiers artisanaux accueille en son sein le « musée du lacet », mais de ça aussi nous reparlerons. Voilà pour l'explication un peu longue qui je l'espère ne vous aura pas lassé.


1er jour : 14 Juillet
Le parking du Casino de Valence est vaste et ça tombe bien, parce qu'aujourd'hui, c'est fête nationale bien sûr, mais à Valence il y a aussi la fête de la moto !! Elles arrivent toujours et encore, d'ici et de là-bas, de France et de Belgique, bref une fois encore, pour cette sortie, les Vroameurs de tous poils et les Vroameuses de tout ... Ah non, ça se dit pas ...sont venus en nombre, la joie des retrouvailles et le plaisir d'accueillir de nouveaux visages sont bien réels.
Ce n'est donc pas moins de quatre groupes qu'il nous faudra constituer pour équilibrer la circulation de notre pérégrination motarde et étonnement, nous nous retrouverons plutôt assez facilement aux points de pique-niques ou aux arrêts rafraichissement, preuve que la multiplication ne divise pas ...
C'est parti pour quatre jours de petites vacances, bon à prendre ! La météo ce midi est agréable pour ceux du nord, plutôt fraîche pour ceux du sud, direction Saint Désirat avec la promesse d'un remontant à vous fouetter le sang, car la première visite de ce séjour Ligérien sera le musée de l'alambic.
Ce musée nous donne à voir une partie très intéressante de notre patrimoine rural et bien entendu nous en découvrons sa caractéristique essentielle : le métier de la distillerie et celui d'un charme disparu : les bouilleurs ambulants. Visite très intéressante et revigorante...
Nous arrivons à notre hébergement de Maclas, bel endroit surplombant le village avec une agréable vue sur les collines, « il y a une piscine : ne pas oublier son maillot de bain ! » avait dit Christian toujours impatient à l'idée de piquer une tête...mais ce soir il ne montrera pas l'exemple, pour le moment l'idée qu'elle soit bonne (l'eau) à lui comme à tous semble suffisante, il faut dire que le thermomètre peine un peu !
Le repas comme les suivants seront dignes des éloges les plus méritées ! Nous serons chaque soir surpris et heureux de constater l'abondance et la qualité de ce qui nous est offert et cerise sur le gâteau, nous aurons droit à un service très efficace et un serveur dont nous ferons un ami, mais de Julien nous reparlerons.

 

2eme jour : 15 Juillet
La nuit pour certains fut bonne, pour d'autres moins, il faut s'habituer au nouvel environnement, mais pour tous et toutes, le réveil est nauséeux, la terrible nouvelle de l'attentat de Nice a vite été connue de tous et si le respect et la pudeur nous empêchent de beaucoup en parler, nos pensées sont tournées vers toutes ces personnes frappé par la barbarie aveugle de fous assoiffés de haine et dont l'unique et triste but consiste à répandre le malheur.
Départ comme toujours à l'heure, nous roulons sur des routes agréables, peu de trafic, il faut dire que l'on est ici loin de tout mais pas de l'essentiel, car la nature est profuse, l'habitat limité, forêts et pâturages font le tableau idyllique que nous offre la vie pastorale de cette région. Routes agréables, mais aussi routes fatigantes car dans cet endroit comme dans toute autre région, la DDE se livre en cette saison à son sport favori, pratiqué sur les très petites routes de campagne, je veux parler du lancer de gravillons !! Et à nous, notre sport devient tout à coup beaucoup plus scabreux, il nous faut redoubler de vigilance et rouler à très faible allure, nous sommes nombreux, pourvu que tout se passe bien ! et le temps passe les kilomètres défilent très lentement, mais à force d'à force, on s'en sort plutôt bien pas de chute, pas de glissade, ouf.
Après le ravitaillement en essence et en nourriture, nous nous dirigeons vers notre lieu de pique-nique, situé à proximité d'un plan d'eau, endroit bien agréable, après le repas, des pécheurs pèchent, des motards dorment, tout est en ordre, calmes et paisibles, il y a des moments comme ça qui peuvent réconcilier un homme avec la vie!
Nous reprenons notre route en direction de Yssingeaux, nous franchirons aujourd'hui et demain aussi, plusieurs cols qui s'en être très hauts nécessitent l'attention des pilotes, du fait de routes abrasives et souvent piégeuses et des reliquats de gravillons, sans doute oubliés là par les brigades gravillonaires.
Nous voici enfin à Yssingeaux, joli petit port de pêche, dont malheureusement beaucoup de magasins sont en déshérence, pas de porte à vendre, magasins fermés, bail à céder, etc.. Dans quelques temps et du train où vont les choses, le commerce qui marcherait le mieux, pourrait bien être l'arrêt de bus. Yssingeaux ne fait pas rêver et comme il ne fait pas très chaud, nous ne nous attarderons pas dans ce village.
Direction Bourg-Argental, ou les grands enfants que nous sommes visiterons la fabrique des « Bonbons Julien » nous assistons à la confection, puis à la transformation de la pâte servant à la fabrication des berlingots. Notre cicérone visiblement est un expert de la « berlingue » son tour de main et ses explications très intéressantes impressionnent.
Deuxième repas pris à l'hébergement, si hier soir nous avons été surpris par l'abondance et la qualité et bien ce soir c'est comme qui dirait la même chose, mais en plus grand !! Comme on dit en cuisine : baba y sont les motards ! On compte pourtant dans nos rangs, nombre de rabelaisiens, mais là franchement, on est un peu dépassé par le volume et comme c'est dommage après avoir desserré les entraves, ceintures et bretelles, quand c'est aussi bon de devoir s'arrêter en si bon chemin.
Il faut à ce stade du récit et après avoir vanté les mérites du chef (pas ceux de Christian qui nous le savons ne sont pas minces, encore qu'en cuisine... faut voir...) mais il s'agit des mérites de Julien « le Factotum du Château », factotum ou homme-orchestre, c'est selon, voilà un garçon qui dans les domaines des services à la restauration sait tout faire ! Avec l'art et la manière, mais nous détaillerons ses talents un peu plus loin.


3eme jour : 16 Juillet
C'est un vrai bonheur de prendre la route en moto, le matin, dans la campagne paisible de nos régions pastorales, traverser bois et alpages, cols et villages, sentir les odeurs des fenaisons, des arbres fruitiers, des tilleuls et autres plantes odoriférantes, sont des joies simples, des petits bonheurs au millimètre, bien peu de choses, mais en vouloir plus, ne serait peut-être pas raisonnable.
Il nous faut maintenant revenir aux lacets, car depuis deux jours, nous en avons eu à satiété, ça tourne et ça vire et tout ça fait le bonheur du motard, comme celui du manufacturier du caoutchouc, qu'il faudra bien se résoudre à visiter à notre retour, en effet il n'est pas impossible qu'il faille prévoir quelques rechapages tant les routes dans ces contrées sont abrasives, après tout il faut bien faire travailler la main d'œuvre local, Michelin n'est pas si loin...Des lacets nous en aurons encore, c'est un des charmes et non des moindres de notre passion .
Mais pour le moment intéressons-nous à ceux de la corsetterie ...pardon ? Ben oui un lacet peut en cacher un autre et nous découvrons ainsi la fameuse « Maison du lacet » sise au « Moulin Pinte », voilà qui pour un motard est de bon augure !
Nous sommes en présence d'une étonnante et ancienne fabrique de tresses et de lacets, nous sommes surpris par l'ingéniosité et la complexité de cette petite industrie, autrefois prospère, mais combien éprouvante pour les jeunes femmes qui en assuraient la production, on regrette souvent les temps anciens, mais on oublie parfois la rudesse des moyens de subsistance de l'époque et du courage qu'il fallait si l'on voulait simplement remplir son assiette. Allons sans nous lasser à l'assaut des lacets !
Continuation de notre route vers Bourg-Argental, lieu de notre pique-nique .Curieusement, il faut signaler, même si ça jardine un peu ici ou là, la faute bien entendu à ces foutus GPS qui parfois s'obstinent à nous fourvoyer...que nous arriverons à tous nous retrouver pour le déjeuner. Le lieu de notre pique-nique est situé encore au bord de l'eau et c'est tant mieux, il y a de l'ombrage et on l'apprécie maintenant car ça y est, il fait chaud ! L'endroit invite au farniente, le doux bruit du cours d'eau et le bruissement des feuilles dans les arbres incitent à une petite sieste, les soirées sont longues et le bar ferme tard..., alors si nous voulons être d'attaque ce soir, c'est le moment de s'en donner les moyens, Morphée d'abord, Bacchus ensuite, tout ça se tient !
Toujours des petites routes improbables, chapeau pour le choix des parcours, Thierry a su une fois encore nous surprendre en nous proposant des routes connues de lui seul et des sangliers, grâce sans doute au précieux concours de l'ONF et sa collection de cartes et chemins de nos forêts ! Mais cet après-midi la route, ou ce qui en tient lieu, est longue et ne semble jamais vouloir s'arrêter et ça tabasse, ça secoue, ça tire sur les bras, les jambes s'ankylosent et on est là, on sait d'ailleurs pas bien ou, une sorte de désert végétal, du bois, des arbres et encore du bois, avec une route qui tourne et qui vire et des pneus qui crient misère tant ils sont rabotés par cette route abrasive, c'est sûr, les actions Michelin vont faire un bon ! Ouf ça y est un patelin en vue, ça faisait un moment qu'on l'attendait ! Et c'est bien de Lalouvesc dont il s'agit celui-là même ou nous devions nous arrêter pour le rafraichissement, gageons que s'il s'était agi d'un autre, il eut tout aussi bien fait l'affaire !!! À condition bien entendu que l'on y trouve quelques boissons houblonnées.
Ouf c'est le moment de se lier d'amitié avec une bière bien fraîche, vous m'en mettrez une carafe s'il vous plaît ! la pression il vaut mieux la boire que la subir !
Départ vers notre hébergement, toujours par de très petites routes au trafic quasi inexistant, cols et villages s'enchainent et l'on découvre une région un peu hors des schémas classiques, mais qui se prête pourtant tellement à la pratique de notre passion.
Retour à la maison et certains attendaient avec envie le moment de piquer une tête dans la piscine, paraît qu'elle est bonne ? C'est toujours ce qu'ils disent « quand on est dedans elle est bonne ! » elle est bien bonne celle-là ! il faut dire qu'il a fait chaud et malheureusement pour Christian, autrement occupé, cette fois encore, il ne pourra goûter aux plaisirs aquatiques, pourtant de lui si appréciés, c'est dommage ...il faudra trouver un autre moyen de se rafraichir, alors cherchons ! Il y a des domaines où il n'est pas rare que les chercheurs finissent par trouver.
C'est l'heure du repas, un peu tardive d'ailleurs, les baigneurs sont depuis longtemps au sec et les autres qui cherchaient une autre manière de rafraichissement ont depuis longtemps étanché leur envie ! Bref tout cela donne faim.
Et ça tombe bien car ce soir comme les précédents nous aurons droit à un festival boulimique ! Que du bon et si vous en voulez encore, rien n'est plus facile, Julien y pourvoie, Julien assure, le service et le spectacle, il est partout à la fois, s'acquitte à lui seul de satisfaire les besoins de 60 personnes, Julien chef de cœur dont il est le seul et unique choriste, d'un ballet parfaitement orchestré, mais parfois Julien doit s'arrêter, on n'est pas des machines ! et prendre la place d'un convive en lui laissant son torchon et quelques consignes de manière à assurer la continuité du service et le vroameur choisi, se prête de bonne grâce aux facéties de Julien .Rigolade assurée , le ton monte on ovationne Julien, on réclame le patron, on est ensemble, tout à la joie de la fusion qui s'opère, plus de barrière, plus de patron, de serveur, de client, c'est, l'amitié, la fraternité, que c'est bon de partager cela ici et maintenant ....après la folie dramatique de la nuit passée.
Tout ça fait que l'ambiance est désormais bien installée, pour une soirée qui sans doute devra un peu mordre sur la nuit qui déjà est pas mal entamée, mais qu'importe si demain, il y a un peu de retard à l'allumage, vivons l'instant. Et c'est maintenant Gégé qui nous régale de ses histoires, relayé par Christine et relancé par Line. Gégé donne l'impression, (on lui pardonne, chez les vieilles personnes ça arrive), de peiner à se souvenir du meilleure de ses blagues, il n'en est rien Gégé à une excellente mémoire qu'il suffit de stimuler par quelques encouragements et notre conteur « made in ici » démarre au quart de tour comme tous les cabotins, mais alors qu'elle poilade ! Gégé est un orfèvre et le Morvan qu'il affectionne, un excellent faire valoir, bravo l'artiste c'est fois encore tu n'as pas failli. Une histoire en amène une autre et Line qui sait combien les limites de son répertoire sont difficiles à atteindre en redemande : Encore !encore ! Allez Gégé la dernière ! Et Gégé le Morvandiau pour notre plus grand plaisir fait appel à sa toujours fidèle mémoire et pousse un peu plus loin son récital, la rigolade et l'ambiance atteignent des sommets .
Mais tout de même il faut être raisonnable, on est presque demain...et justement demain y a encore du boulot, alors salut tout le monde et que la nuit soit plus douce que la précédente.


4eme jour : 17 Juillet
C'est le dernier, déjà ? Et oui, trop court, départ un peu plus tôt, il ne faut pas être en retard à la ferme auberge, servir 60 personnes, risque de prendre un peu de temps et beaucoup parmi nous ont pas mal de kilomètres à faire pour le retour.
La partie roulage de la matinée est allégée, nous prendrons tout de même le temps de rallier le mont Pilat d'où l'on a une superbe vue sur la vallée, c'est ici que nous décidons d'une photo de groupe, souvenir de ces 4 jours riches de découverte et de partage.
Nous nous dirigeons maintenant vers Sainte croix en Jarez, ou nous effectuerons notre dernière visite, celle du Monastère éponyme. Le village est blotti au fond d'une vallée, véritable petit bijou dans un écrin de verdure, il n'est pas bien grand et on en fait vite le tour. Ensuite ce sera notre dernière visite mais pas la moins intéressante, ll s'agit d'un ancien monastère de chartreux, ou du moins ce qu'il en reste, car comme la majorité des grands édifices religieux, il a pendant la révolution été sacrifié sur l'autel des nouveaux idéaux et dès lors il n'en reste plus grand-chose, mais notre guide très érudite de l'histoire le concernant, nous donne un éclairage tout à fait valable du passé du monastère et de la vie exceptionnelle qu'y menaient les locataires de Saint Bruno, le père fondateur de l'ordre, notre guide aura d'autant plus de mérite à nous brosser en accéléré ce passé, que notre « Père Christian » voit l'heure tournée et gentiment lui demande, bien que dans un tel lieu la chose soit iconoclaste, de bien vouloir forcer un peu l'allure .
Nous arrivons à la Ferme Auberge du Vernat et serons agréablement surpris par la rapidité du service, il faut dire que toute la famille est réquisitionnée pour faire face à la demande et satisfaire au mieux et au plus vite les besoins de tous, pari réussi, bravo .Le repas « made in ici » est copieux et excellent, ici non plus on ne pousse pas la modération jusqu'à l'extrême, le choix était judicieux.
Nous sommes au terme de ce voyage, il ne s'agit pas de faire un bilan, ni de remercier façon Gérard Holz, le quart des 2 hémisphères (en oubliant pas la régie) et pourtant un peu quand même, alors sans heurter la modestie de Line et Thierry, je me fais chers vroameurs, votre écho et leur dit MERCI, nous avons grâce à eux passé un super séjour, le choix des parcours, des visites et des restos, la précision et l'enchaînement des diverses activités témoignent d'une préparation rigoureuse .
Il va de soi que je n'oublie ni Christian, ni Nathalie qui encore et toujours donnent sens et esprit à notre assos et nos sorties.
Merci enfin à nos valeureux guides : Jean Marc, André, Christian et Aliette, Thierry et Line qui ont su toujours et avec maestria, nous sortir des mauvais pas dans lesquels ils nous avaient mis (non je déc ....)
Merci à tous pour la bonne humeur.
Et à la prochaine, nous irons sans nous lasser à l'assaut des lacets

 

JY Raconteur motodidacte.