Un voyage peu ordinaire en Serbie et Roumanie
 du 5 au 19 août 2017
 Par Jacqueline SIMON

Je vous mets au défi de trouver sur un dépliant touristique ou dans une quelconque agence de voyage un périple comme celui que nous venons de terminer avec VROAM.
Au fur et à mesure de l'avancement du parcours nous avons compris que le véritable but du voyage était de faire découvrir Misca aux Vroameurs et aux Vroameuses.
Misca ? Mais oui.......ce charmant petit village rural, roumain, situé près de la frontière hongroise où nous sommes accueillis en véritables amis. D'ailleurs si vous tapez Misca sur votre ordinateur vous tombez directement sur VROAM !

Les plus anciens d'entre nous (je n'ai pas dit les plus vieux) vous raconteront mieux que moi comment des liens se sont noués entre les habitants du village et VROAM sous la houlette de Christian et Nathalie par l'intermédiaire de Serge Grandvaux.
J'ai glané quelques informations qui m'ont permis de savoir que c'était après la chute du dictateur Ceausescu en 1989. Le but était de venir en aide à des enfants orphelins. Depuis bien des choses ont changé. Mais les liens avec les habitants restent forts. L'aide continue d'être apportée tous les ans de façon différente, non plus à des orphelins mais à des enfants déshérités comme il est convenu de dire.

Un clic sur la Serbie, pour voir les photos de Marc et Jacqueline:serbie

Revenons donc à notre voyage qui nous a fait traverser 7 pays dont 4 d'Europe Centrale, parcourir 3946 Km (au compteur de Marc) durant 14 jours pour les 32 équipages que nous étions. Chacun ajoutera le nombre de km qui lui aura été nécessaire pour arriver au point de rendez-vous à Strasbourg et en repartir. Bravo le bordelais, les marseillais, les sarthois et les normands en particulier. D'autres ajouteront leurs balades individuelles. Bravo à eux également.

Et bien croyez-moi si vous le voulez, malgré les distances souvent longues et la chaleur extrême, tous les matins nous étions à l'heure et de bonne humeur. Toujours prêts(tes) à découvrir ce qui se présenterait à nos yeux et à nous intéresser autant que possible à la vie des habitants des pays traversés.
De vrais Vroameurs (euses), quoi !!! Curieux pour la plupart et capables aussi bien de se dépasser physiquement que de profiter des bons moments ensemble.
Contrairement à bien des touristes, nous pourrons nous targuer d'avoir aperçu l'envers du décor de pays comme la Slovénie, la Croatie, la Hongrie, la Serbie, la Roumanie.
Nulle plage de rêve, nul lieu paradisiaque, nul paysage véritablement époustouflant.
Il y en a pourtant dans ces contrées, découverts au cours d'autres voyages organisés par VROAM en Croatie et en Roumanie notamment.

280px Romanian Army Flag 1940 used model.svgUn clic sur ce drapeau Roumain pour voir l'album de Paul.

Ce voyage-ci est un petit cocktail de quelques jolies routes de montagne, de quelques sites qui valent le coup d'œil, de villes exceptionnelles, capitales culturelles ou classées au patrimoine mondial de l'Unesco, mais surtout et principalement de routes rurales, de rencontres sympathiques, de signes d'amitié de la part des habitants des pays traversés, d'une vision sans doute plus réaliste des conditions de vie de ce côté de l'Europe, hors des sentiers battus par le tourisme de masse : que de l’authentique !.
Même si on le sait en théorie, cela reste un choc de voir réellement les stigmates des guerres qui ont embrasé les Balkans et la réalité économique de pays si proches.

Et aussi des moments de repos bien mérités à Belgrade, à Misca, au bord du lac Balaton

Pour plus de détails, un petit compte rendu journalier s'impose.

Un clic sur le programe Vroam de ce voyage, pour voir les photos de Serge et Anne Marie Goussot:Serbie Roumanie 2017 1

Venus de tous les coins de France et de Belgique nous nous rassemblons le samedi 5 août à l’Hôtel Ibis, le Zénith à Lingolsheim (Strasbourg). Nous retrouvons nos connaissances avec plaisir, en faisons de nouvelles. En cliquant sur leurs noms correspondants, vous verrez les photos de Michel Boulesteix: NOVI SAD, VIMINACIUM, BELGRADE, MISCA, MARGHITA, KESZTHELY, GRAZ.
La famille VROAM est une famille nombreuse et accueillante. Grâce à cela, chaque sortie est l'occasion de nouvelles rencontres.
L'état d'esprit convivial qui y règne se transmet quasi automatiquement. Christian et Nathalie, même absents cette fois, n'y sont pas pour rien.

Le dîner de ce soir-là ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Surtout le riz sans sauce. Cela deviendra la plaisanterie du voyage : « à quelle sauce sera le riz ce soir ? »

Le lendemain matin, dimanche 6 août, répartis en 3 groupes d'une dizaine de motos, nous sommes d'attaque pour la première étape donnée pour 478 km qui nous mènera jusqu'à Götzens en Autriche.
L'aventure commence !
Le parcours sur les belles routes sinueuses bordées de maisons fleuries, de cabanes en bois dans des champs vallonnés d'un vert absolu, se terminera sous la pluie.

Au risque de me répéter, (je l'ai déjà écrit ailleurs) je trouve qu'un motard ou une motarde, (n'oublions pas que nous avons une pilote parmi nous, bravo Cécile !) C'est comme un marin : soumis (e) aux intempéries et contraint (e) de se battre contre les éléments. Rien ne l'arrête pourtant, le plaisir étant ce sentiment de liberté et d'espace que ne procurent pas les modes de transport traditionnels. Pour la passagère que je suis, c'est le même sentiment, euphorisant, je l'avoue.
Sous une pluie battante, nous arrivons donc à l'hébergement, comme le marin arrive au port, un véritable havre, confortable, au décor montagnard (bon d'accord ce n'est pas la mer, je le concède), et à la restauration soignée : le riz y est meilleur que la veille!, il s’agit de l’Hôtel Edelweiss.
Nous y reprenons des forces pour mieux repartir le lendemain pour une autre longue étape prévue pour 439 Km. Le matin avant le départ, je sors prendre quelques photos.

La matinée du lundi 7 août sera une vraie galère (le coté marin ressurgit !).
Elle commence sur l'autoroute où le trafic est extrêmement dense. Nous sommes obligés de remonter les files de voitures. La pluie a cessé et fait place à un soleil de plomb, ce qui n'est pas mieux lorsque l'on est dans les embouteillages.
Notre groupe (le 2ème) arrive à Innichen, nom allemand d'une ville située en Italie sous le nom de San Candido (merci Google) pour le repas de midi, alors que nous devions y faire la pause du matin...
Nous profitons comme nous pouvons, dans un laps de temps trop court, de la beauté architecturale de cette jolie station touristique de montagne (voir les photos) aux bâtiments décorés et fleuris à souhait.
Pour ce qui nous concerne, nous déjeunons sur le pouce avec Cédric et Marie Laure avec lesquels nous ferons équipe durant le reste du voyage.
Heureusement, l'après-midi nous réserve une belle surprise. Une route de montagne fort agréable avec des virages comme on aime.
Il n'en faut pas plus pour nous redonner du courage.
A la pause, nous dégustons une glace non loin d'un barrage sur la Drava, cet affluent du Danube que nous ne cesserons pas de longer ou de croiser pendant les jours qui suivent.
Et pour cause, mes recherches sur Internet me feront découvrir que ce cours d'eau de plus de 700 km, jalonné de nombreux barrages ainsi que nous pouvons le constater de visu, prend sa source en Italie et serpente de l'Autriche à la Hongrie, via la Slovénie et la Croatie...
Afin d'en protéger la faune et la flore il a été placé en zone Natura 2000.

Juste après nous rentrons en Slovénie. Immédiatement les façades des maisons et des bâtiments se distinguent par leurs couleurs vives (voir les photos).
Ce soir nous logeons à Maribor, en Slovénie, à l'hôtel Orel Terme, très bien situé en plein centre-ville. Nous pouvons ainsi profiter de cette ville qui a été capitale européenne de la Culture en 2012.
La balade du soir y est tout indiquée. Le lendemain matin je pousse jusqu'à la Drava prendre quelques photos avant le départ. Je rencontre quelques chasseurs d'image du groupe.
La plupart des villes dans lesquelles nous passerons une nuit mériteraient chacune une visite approfondie. Ce sera pour une autre fois peut-être ?

Aujourd'hui mardi 8 août, nous allons entrer en Croatie. Non pas celle des bords de l'Adriatique, si prisée des touristes, mais la Croatie rurale. Un peu notre Brie et notre Beauce. Nous partons pour 319 km prévus.
En début de matinée nous passons la frontière, puis nous nous procurons des Kunas, la monnaie locale.
A partir de ce moment nous nous trouvons sur un territoire différent. Nous roulons tout du long sur une route rectiligne, bordée de maisons alignées les unes à côté des autres, soit très joliment colorées et fleuries, soit non crépies, soit détruites. Les villages se touchent eux aussi alignés les uns après les autres.
Les habitations détruites sont le résultat des guerres qui ont fait des ravages ici, comme dans le reste de l'ex-Yougoslavie. Certains d'entre nous ont visité la Yougoslavie avant la nouvelle répartition des territoires. Nous en parlons à l'occasion entre routards échangeant des souvenirs.
Au fait, c'était quand exactement ces guerres fratricides ?
Vite, je consulte internet : elles se sont étalées de 1991 jusqu’en 2001, plus ou moins longtemps, selon les endroits.
Pour de plus amples renseignements chacun fera ses recherches, si il le souhaite.

Des tonnes de pastèques se vendent le long de la route par des particuliers. A qui ? Il y a peu de circulation, quasiment pas de touristes.
Sur les tables des hôtels, ces fruits, délicieusement sucrés et fort rafraîchissants à mon goût, figurent en bonne place, du petit déjeuner jusqu'au dessert du soir.
En dehors des villages, ce ne sont que d'immenses champs de maïs et de tournesol. Un champ de tabac attire notre regard.
Tout en roulant on compte les nids de cigognes et l'on croise pas mal de ces volatiles. On a le temps d'observer sur ces grandes lignes droites. A part le groupe 1, peut-être ?

En cours de route nous faisons une halte à Varazdin, surnommée la petite Vienne (j'ai mes sources!). C'est une de ces très belles villes d'Europe Centrale, comme nous en verrons encore tout au long de notre périple. La rue piétonne est bordée de demeures magnifiques, de style baroque. Nous nous promenons à loisir dans un parc arboré et fleuri, très bien entretenu, agrémenté de jets d'eau.
Le soir un superbe hôtel nous attend à Osijek au bord de la Drava citée plus haut. Après cette longue journée très chaude, nous apprécions. Le cadre est très classe, très moderne. Certains auront vue sur le port de plaisance situé en bas de l'établissement.
Nous arrivons suffisamment tôt pour profiter de tout. Certains d'entre nous vont se délasser à la piscine. D'autres prennent l'apéritif en terrasse très chic, face au cours d'eau.
Pour les marcheurs, un petit tour le long des quais ou dans le centre-ville superbe, malgré la présence de quelques bâtiments criblés de balles, aux façades vétustes et un vieux quartier délabré à moitié habité. On le voit aux fenêtres refaites en PVC, aux rideaux. La ville se reconstruit petit à petit.

Après nous être restaurés au buffet, bon et copieux, la plupart d'entre nous visitent la ville illuminée. Notre équipe pousse un peu plus loin pour découvrir le coté moderne d'Osijek avec de superbes statues, des installations d'art contemporain. C'est surprenant. Nous sommes étonnés du peu d'animation au regard d'un tel décor.

Quelques jeunes se promènent en petits groupes, non mixtes, quelques familles avec des enfants se détendent dans des lieux bien aménagés et propres. Mais rien de la foule qu'un tel cadre amènerait en d'autres endroits. Ce sera souvent le cas dans les belles villes que nous visiterons par la suite.
Il nous manque les clefs pour comprendre le pourquoi du comment de ce que l'on observe.

La journée du mercredi 9 août qui ne comporte que 212 km sera une journée éprouvante en raison de la chaleur. Température 31° dès le matin, au départ.
Nous roulons encore sur une route rectiligne.
Au fur et à mesure que l'on approche de la Serbie, les villages se succèdent toujours sur le même modèle mais avec de plus en plus de maisons détruites.
En Serbie, adossée à l'une d'entre elles, j'aperçois une maison neuve reconstruite en prenant appui sur le mur de l'ancienne. Une façon peut-être d'en conserver le souvenir ?
Ici, ce n'est pas la richesse. Les jeunes et les enfants nous saluent au passage, admiratifs devant tant de belles machines réunies.
Qu'en penser ?... Il y a bien deux Europe...
Nous passons à l'écriture cyrillique et au Dinars.
Pour le déjeuner, nous arrivons à Novi Sad. Quel contraste ! Nous avons le temps de visiter cette très belle ville située au bord du Danube. Ce dernier, ici, ne présente pas d’intérêt particulier. Curieux, nous sommes 4 à pousser jusqu'à ses berges. Cela ne valait pas la peine.
Ici les monuments sont nombreux et très bien entretenus. Il fait bon déambuler, prendre un verre, une glace, se restaurer dans les rues piétonnes et les nombreux passages qui les bordent.
Une parenthèse agréable avant de reprendre la route par une grosse chaleur. Nous nous dirigeons vers Belgrade la ville la plus chaude d'Europe en ce moment, 40° !
A l'arrivée, nous nous installons dans un hôtel très correct au décor un peu kitsch, propre, situé dans le quartier de la gare. Un quartier central et très populeux.
Les abords immédiats de l’hôtel ne sont pas très attirants, voire un peu glauques. Les motos sont garées dans un parking gardé un peu plus loin.
Nous sommes fatigués.
Le buffet est bon et copieux.
Sachant que demain sera une journée relax, nous ne nous attardons pas dehors pour la plupart d'entre nous. Quelques courageux poussent jusqu'au fleuve. Le Danube, bien sûr !
Le lit est le bienvenu. Même si tout le monde n'a pas la même qualité de sommeil, nous avons tous besoin de ce temps de repos.

En ce jeudi 10 août nous laissons les motos au parking. Un autocar nous attend pour faire le tour de la ville. C'est une succession d'immeubles et de lieux de cultes de tous les styles : Renaissance, Baroque, que sais-je encore, côtoyant des immeubles monumentaux détruits comme l'ancien Ministère des Armées, ou reconstruits récemment dans des matériaux actuels.
L'autocar nous laisse à l'entrée de la rue piétonne, non loin de la forteresse de Belgrade que nous allons visiter avec notre guide francophone, agréable et intéressante, sachant utiliser notre langue avec des traits d'humour bien à propos. Est-elle vraiment neutre par rapport aux réponses qu'elle nous apporte concernant la guerre, la situation de la région actuellement ? Je ne saurais le dire.
Avec elle, nous balayons 2000 ans d'histoire.
Belgrade, dont on trouve les traces d'un Fort dès le 1er siècle est située au carrefour de l'Orient et de l'Occident, au confluent du Danube et de la Save. Elle est passée des mains de l'Empire Ottoman à la Hongrie, l'Autriche, pour finalement devenir la Capitale de la Serbie actuelle. Chaque peuple a laissé des traces, aussi bien dans l'architecture que dans la conscience collective et le mode de vie.
Nous apprenons que les français sont fort appréciés ici. Un monument à la France a même été érigé après la 1ère guerre mondiale dans le parc menant à la forteresse. Il est vrai que l'accueil y est chaleureux, comme certains d'entre nous, dont moi-même aurons l'occasion de le vérifier par la suite.

L'après-midi libre nous permet de déambuler dans la rue piétonne, de nous y restaurer tranquillement, de faire des emplettes dans la limite de ce que nous permettent les top cases, valises, sacoches et coffres dont nous disposons. Situation frustrante pour certains(es), très appréciée par d'autres Bizarre, le féminin de « autres » n'existe pas !
Désireux d'explorer cette ville comme elle le mérite, un certain nombre d'entre nous pousse jusqu'à une église en cours d'achèvement (depuis un demi-siècle !) construite sur le modèle de Sainte- Sophie d’Istanbul.

Seule la crypte est terminée, grandiose, d'une richesse époustouflante.
Ce déploiement d'or, de marbre et de verrerie en un lieu culte me laisse toujours perplexe. Je ne suis pas la seule à réagir ainsi.

Le lendemain, vendredi 11 août nous avons le choix entre reprendre la moto pour 189 km aller/retour afin de visiter le site archéologique Viminacium, important camp romain ayant été mis à jour récemment ou bien se reposer en poursuivant ou non la visite de Belgrade.
Un peu plus de la moitié d'entre nous opte pour la visite prévue. Ils vous la raconteront mieux que moi.
Notre nageuse, Mireille, trouve le moyen d'aller à la piscine. Le bonheur.
D'autres vont visiter un importateur BMW.
Depuis hier soir les lessives vont bon train et ça continue.
Enfin, chacun fait ce qu'il veut....je ne sais pas tout !
Notre petit groupe de quatre passe la matinée à se promener le long de la Save jusqu'à la confluence avec le Danube. Les quais de la rive gauche en face de la forteresse sont jalonnés de bateaux aménagés en bars, restaurants ou boites de nuit.
Nous nous arrêtons pour boire un verre puis pour déjeuner. Pour un prix dérisoire, nous bénéficions d'un cadre exceptionnel, un lieu magnifiquement entretenu, et d’un repas délicieux : cochon grillé sur place, notamment.
Nous ne comprenons pas comment cet établissement peut faire des bénéfices au regard du nombre de personnes employées pour l'entretien, le service, la cuisine et le peu de touristes présents. Les restes d'un système socialiste qui privilégie le travail pour tous ? Ou bien, le soir y-a-t-il plus de fréquentation ?
Que de questions sans réponses !
Notre journée bucolique se termine par le retour via la rue piétonne, ou une bière s'impose pour les amateurs, grosse chaleur oblige. Pour moi, ce sera une limonade, équivalente du citron pressé en France, dont je fais chaque jour une consommation inconsidérée.
Puis notre flânerie nous emmène jusqu'à la rue principale où nous prenons un dernier pot, encore un : il faut bien ça pour nous soutenir, dans le bel hôtel de luxe Moskova de style Empire. Malgré le cadre, le mobilier et la décoration intérieure, les consommations sont vraiment bon marché.
Peu après, au hasard d'une erreur de parcours, nous nous trouvons devant un marché de Belgrade haut en couleur. Marie Laure adore cette ambiance et s'empare de l'appareil photo contrairement à ses habitudes.

Ces deux journées constitueront notre expérience de la SERBIE. Nous en savons un peu plus. Il reste beaucoup à voir et à apprendre....
Demain nous partons vers la ROUMANIE.

Ce samedi 12 août sera une journée bien chaude et bien remplie, donnée pour 460 km.
Elle nous réservera de belles surprises visuelles et se terminera par une pluie battante qui obligera une partie du groupe 2 à s'arrêter 10 mn, à une trentaine de km de l'arrivée, faute de distinguer les contours de la route.

En ce 7ème jour nous arriverons en Roumanie, à Timisoara exactement.
On peut dire enfin ou déjà, selon l'idée que l'on se faisait avant le départ de ce périple, dont l'intitulé était « Serbie et Roumanie » et selon le point de vue que l'on adopte au final, en se disant que, ma foi, c'est un périple vers Misca, Le village roumain de Vroam, et que c'est bien ainsi.

Courageusement, nous partons donc par forte chaleur pour rejoindre en début d'après-midi, les Portes de Fer, l'une des Gorges du Danube qui sépare les Carpates en Roumanie de l'ensemble des Balkans, c'est-à-dire des territoires de l'ex-Yougoslavie et de la Grèce (vous savez maintenant que j'ai mes sources et que ce n'est pas mon petit doigt qui me le dit!)
Pour se faire, nous longeons le mythique Danube, au bord duquel nous faisons quelques pauses pour les arrêts-rafraîchissements, photos et déjeuner.
C'est le week-end, quelques campeurs sont installés au bord de l'eau, nous apercevons des voiliers en matinée, des hors-bords dans l'après-midi. Ce n'est pas la foule habituelle des zones touristiques.
La route est belle et agréable. La chaleur et le grand soleil presque au zénith, nous empêchent d'en apprécier toute la superbe et de prendre les photos de la meilleure qualité. On ne peut pas toujours être au bon moment, au bon endroit. C'est la dure loi du routard (e)...
En début d'après-midi, nous réussissons à nous arrêter à « la table de Trajan », face à la statue monumentale du Roi Decebal sculptée dans la roche , ainsi que le road book nous l'indiquait.
J'espère que certains ont vu cette table de Trajan, qui a été déplacée pour être sauvée des eaux, lors de la construction du barrage roumano-yougoslave construit entre 1963 et 1972.

Les inscriptions qui y figurent sont un témoignage de l'origine latine de la langue roumaine. Personnellement je n'ai pas vu la table, tout occupée que j'étais avec la statue !

Nous passons la frontière roumaine vers 16h30. Une grande pancarte indique un numéro vert contre la corruption à la Douane. Ambiance ! D'autres voyageurs m'avaient parlé avant le départ de ce problème de la part des autorités roumaines, quelle qu'elles soient. Espérons que le phénomène va disparaître au fur et à mesure de l'ouverture du pays.

Au début, le paysage est plus conforme à nos goûts motards, plus vallonné, plus sinueux. Mais ça ne durera pas.
Les maisons sont différentes, regroupées en petits villages et non plus en alignement monotone. Je remarque particulièrement les toitures en tuiles dans tous les tons de rouge, orange et brun, selon leur ancienneté. Les 3 couleurs se mélangent agréablement à l’œil.
Nous sommes sur une zone rurale. Les meules de foin garnissent les champs. On croise quelques charrettes tirées par un cheval, quelques petits troupeaux de bovins.
Sur la route, il y a énormément d'animaux écrasés, de chiens errants. Les « anciens », qui ne sont sans doute pas plus âgés que la plupart d'entre nous d'ailleurs, sont installés par petits groupes sur le pas des portes.
En fin d'après-midi nous arrivons à Timisoara, dont malheureusement nous ne verrons rien, en raison de la pluie battante qui reprend de plus belle durant le repas.
Pour la petite histoire, cette ville au nom qui ne nous est pas inconnu, a été le théâtre d'une fausse information non vérifiée, qui fait école maintenant pour les étudiants en journalisme. Un charnier découvert après la chute de Ceausescu a fait l'objet d'interprétations erronées, sans vérifications, qui ont été retransmises dans tous les journaux et sur toutes les chaînes occidentales.
J'apprends aussi qu'elle sera Capitale Européenne de la Culture en 2021. Tant mieux, cela lui donnera l'occasion de se faire connaître autrement.

Après cette longue journée, l'apéritif, le dîner et le lit à l'hôtel Lido à Timisoara sont les bienvenus.

Le dimanche 13 Août, nous nous dirigeons enfin vers Misca. Nous sommes attendus à « l'orphelinat » pour le déjeuner qui sera délicieux, familial et vraiment du terroir, notamment le bouillon de viande et les feuilles de choux farcies. Tout cela servi à la bonne franquette dans le réfectoire.
Nous sommes logés en partie dans l'orphelinat et en partie dans une grande maison du village. Par chambre de 4 principalement, sauf quelques privilégiés comme nous, mais ce n'est que pur hasard.
Les douches sont collectives.
C'est l'ambiance des jolies colonies de vacances de notre enfance pour celles et ceux qui ont connue. Un retour en enfance pour les grands enfants que nous sommes restés.
Nous faisons connaissance de Misi, le maire du village.
Ceux qui connaissent déjà les lieux : Paul, Choumy et les autres, ne se lassent pas de nous en faire la promo et nous donnent tous les «tuyaux» pour visiter les environs.
Une des propositions est de nous rendre cette après-midi à la «piscine chaude, en plein air» du village d'à côté.
Ceux qui le souhaitent s'y rendent selon leur bon plaisir, à pied, à moto ou en voiture, puis en estafette pour le retour, prêtées par Misi et conduite par Luc « notre chauffeur roumain ».
A l'arrivée, surprise ! Ce n'est pas une piscine mais des Thermes ouverts à tout un chacun, pour une somme apparemment abordable (pour nous c'est offert), puisqu'elle est fréquentée par les villageois. Pas de touristes à part nous.
Petite déception passagère pour celles et ceux qui espéraient se rafraîchir en piscine. Ils ne profiteront que mieux du bar, des glaces et des transats à disposition sur la pelouse.
En d'autres lieux un tel site serait aménagé et commercialisé. Il perdrait son âme populaire. Malheureusement ce sera peut-être le cas dans les années à venir. Pourra-t-on considérer cela comme un progrès ?

C'est à cette occasion que je me fais une copine roumaine, Flore. Une dame d'une cinquantaine d'années à qui je demande le chemin ne voyant rien qui ressemble à une piscine sur ces terres agricoles, et ayant déjà parcouru près de 4 km à pied avec Marie-Laure, Cédric et Marc.
Ravie de nous venir en aide, elle va prendre ses affaires de bain chez elle et nous emmène un peu plus loin. Nous étions presque arrivés.

Chemin faisant, elle nous présente les serres de son village appartenant à sa fille, ainsi que des anciens bâtiments agricoles désaffectés, datant de l'époque Ceausescu.
Elle nous raconte tout cela en italien, la langue qu'elle a apprise à l'école. Qu'à cela ne tienne, à nous quatre, nous arrivons à nous comprendre.
Je m'installe dans le petit bain en sa compagnie. C'est bon pour les rhumatismes, l'arthrose, le dos et tutti quanti. Un moment fort sympathique.

En fin d'après-midi nous prenons l'apéritif des Amis, une institution chez VROAM, dont Jean s'est chargé de faire l'acquisition pour tout le groupe. Merci à lui et à ceux qui lui ont prêté main forte.
Le repas est simple et bon. Pour nous il sera suivi d'une balade sur les hauteurs de Misca et d'une boisson au bar, lieu de rendez-vous des jeunes du village.

Notre journée libre du lendemain lundi 4 août nous permettra de visiter le matin, Marghita, une petite ville très populaire, située à une quinzaine de kilomètres de Misca par une route cahoteuse.
Nous déambulons dans la rue principale, aux boutiques dont les enseignes restent locales. Un exploit de nos jours où l'uniformisation domine.

L'après-midi sera consacrée à la visite d'Oradea, située à 45 km de Misca, une grande ville dont le centre ancien en pleine rénovation offre un panel de monuments, qui témoignent d'un riche passé. Une des villes les plus prospères de Roumanie.
Ne rien connaître de l'histoire de cette ville et de tous ces monuments qui entourent la grande place me chagrine. Les photos que l'on prend c'est bien beau, mais de quoi parlent-elles, que nous racontent-elles ?
Je remarque notamment une immense synagogue.
La consultation de Wikipédia m'apprendra, que jusqu'en 1918, cette ville fut hongroise, d’où l'architecture austro-hongroise de style baroque. Nous sommes en effet à 10 km de la frontière.
Il est intéressant aussi de savoir qu'une importante communauté juive y était implantée depuis le 18ème siècle et qu'elle n'a cessé de grandir jusqu'au 20ème siècle. En 1944 cette communauté représentait 30% de la population. Au printemps 1944, les nazis et leurs collaborateurs hongrois y installent le plus grand ghetto après Budapest.
Ce ghetto est liquidé en 9 convois en juin 1944, 27 215 Juifs d'Oradea et des alentours sont envoyés à Auschwitz.
Nous découvrons également le passage de l'Aigle noir, un très bel ensemble de 2 bâtiments conçus au début du siècle dernier par 2 architectes hongrois dans le style Art décoratif. Un passage, surmonté d'un vitrail, représentant un aigle noir, ouvre sur l'immense place d'Oradéa entourée de monuments exceptionnels qui donnent envie d'en connaître plus.

Une visite plus approfondie comme à Belgrade n'aurait pas été inutile.

Pour finir, nous y avons dégusté des glaces de 1er choix, au goût de fruits frais. Un délice. Miam !

En soirée une grande partie d'entre nous a été chaleureusement reçue à dîner par un club de motards des environs, à l'initiative de Misi et de son fils, ancien motard lui-même. Ce ne sont apparemment pas des « routiers » comme nous, mais ils n'en sont pas moins sympathiques et très accueillants aux dires des Vroameurs (euses) ayant participé à cette rencontre. Ils ont aussi apprécié le bon repas offert, confectionné par leurs conjointes. De belles photos ont été prises.

Je fais partie du groupe resté à l'orphelinat. Nous avons encore une fois bien dîné, puis nous sommes allés nous promener en direction du cimetière orthodoxe du village sur les recommandations de Choumy.
Ici pas de pierres tombales, mais des fleurs à la place. Il domine le village. Nous terminons par un petit tour au bar de Misca, histoire de faire marcher ce petit commerce local qui le mérite bien.

Personnellement je n'entendrai pas mes petits camarades de « colo » rentrer de la soirée motarde, je serais déjà dans les bras de Morphée.

Le mardi 15 août nous quittons Misca pour environ 478 km d'une route inintéressante et fatigante. Le passage à la frontière hongroise n'est pas simple. Il nous faut en même temps essayer d'acquérir de la monnaie locale, le forint, et s'inscrire pour l'autoroute en un seul guichet mal organisé.

Nous déjeunons du pique-nique préparé par nos amis de Misca sur une aire d'autoroute. Simple et bon.
Il fait horriblement chaud. Pour couronner le tout nous avons même droit à un petit embouteillage autoroutier.
Nous arrivons à Keszthely, une ville hongroise au bord du lac Balaton vers 16h30. Nous prenons possession de notre chambre où nous passerons 2 nuits.
Nous sommes dans un très grand complexe construit il y a près de 50 ans si l'on se fie à la grande et belle fresque ornant la salle de restauration datée de 1970.
Pour l'époque c'était sans nul doute un établissement ultra moderne, de grand luxe.
Il est doté d'une grande piscine, d'un emplacement réservé pour la baignade au bord du lac, de salles de sports et de massage, d'un solarium, de nombreux salons et espaces communs fort agréables.
La salle de restaurant et sa terrasse extérieure, ainsi que le buffet lui-même sont parfaits.
Le seul hic est le manque d'entretien approfondi des chambres. C'est le moins que l'on puisse dire.
On s'adaptera et on retiendra le cadre alentour très agréable au bord du lac ainsi que la situation privilégiée non loin de la ville, où l'on peut boire un verre dans une atmosphère balnéaire qui nous plaît beaucoup.
On se souviendra du décor des années 1970 avec la télévision et le mobilier vintage qui vont avec. Ils sont vraiment d'époque (voir photos).
La conception intérieure des chambres est parfaite.
Nous disposons d'un balcon et il y a tout ce qu'il faut pour ranger. On peut facilement s'adonner à l'activité lessive et étendre le linge sans problème, ce dont on ne se prive pas.

Le lendemain, mercredi 16 août, mille possibilités s'offrent à nous : petite croisière en bateau, baignade en piscine ou au bord du lac où l'eau est à une température idéale, massages, balade à moto dans les montagnes alentours, n'est-ce pas Manu et Joséfa, notamment ? Visite de la ville, de ses monuments historiques, des belles demeures style Belle Époque, d'un magnifique château surplombant le tout, du marché, de quelques musées.
Chacun d'entre nous fera comme il l'entend, une ou plusieurs de ces activités durant cette belle journée de farniente.

Durant la visite de la ville on se plaît à imaginer une vie de riches austro-hongrois ou d'étrangers venus de toute l'Europe, pour prendre les bains dans ce lieu privilégié. On devine des bals au son des valses de Vienne, les belles dames et les beaux messieurs dans leurs tenues de réception, ou dans leurs tenues de bain. Il y a d'ailleurs une reproduction d’une photo ancienne représentant des baigneurs et des baigneuses, dans notre chambre....
Trois intrépides, Cécile, Jean et Christophe, effectueront une échappée belle à Budapest à 188 km de là. Ils en reviendront enchantés après avoir visité la ville en bus touristique et s'être attardés dans Budapest by night.

Toutes les bonnes choses ont une fin, nous reprenons la route ce Jeudi 17 août pour 196 km prévus jusqu'à Premstätten en Autriche, près de Graz.
De cette journée je retiens la visite de Graz en fin d'après-midi. Ses monuments, principalement de style Renaissance italienne baroque et gothique, sont ici aussi, exceptionnels. Ils sont d'ailleurs inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco.
Capitale européenne de la Culture en 2003, cette ville a su allier l'histoire et la modernité.
Il est remarquable de constater que les modes de transport privilégiés dans cette ville, un brin écologiste, sont les vélos et les tramways.
Elle est traversée par une rivière, la Mur et dominée par un château. Les plus courageux d'entre nous y monteront à pied et seront récompensés par la beauté et l'intérêt du lieu.
Il fait si chaud que d'autres, dont je fais partie avec Marc, Lydia et Michel, après s'être désaltérés en compagnie de Luc, préfèrent visiter la ville. On déambule dans les rues et ruelles bordées d'immeubles tous plus beaux les uns que les autres. On remarque entre autres, le bâtiment de la cristallerie Swarovski, unique en son genre.
Arrivés près de la rivière on découvre une passerelle insolite reliant les 2 rives, abritant un café et un amphithéâtre ainsi qu'un bâtiment à l'architecture avant-gardiste siège du Musée d'Art Contemporain de la Ville.
Pendant ce temps Michel et Mireille vont déguster le fameux gâteau au chocolat autrichien, la Sacher Torte. Les gourmands !
Malheureusement nous faisons tout cela au pas de course. Une ou deux journées dans cette ville n'auraient pas été de trop.

Le lendemain vendredi 18 août la route sera magnifique pour nous rendre à Munich en Allemagne, München en allemand, sur 404 km.
Une très belle route de montagne le matin. Enfin des virages qui s’enchaînent pour le plus grand plaisir de tous.
A la pause de midi le groupe 2 appréciera un pique-nique dans un magnifique jardin public foisonnant de fleurs, au bord d'une rivière à truites, dans une ville autrichienne tout aussi fleurie. Un véritable décor de carte postale.
L'après-midi, nous découvrons un panorama de lacs d'un bleu intense et de montagnes majestueuses, lorsque l'on arrive aux alentours de Salzbourg avec une petite pensée pour Mozart né dans cette ville.

On s'arrêterait bien là pour se joindre aux plaisanciers que l'on aperçoit s'adonnant à toutes les activités possibles et imaginables en un tel lieu. Quelques jours dans ces montagnes paradisiaques ne seraient pas de trop. Là encore je me dis : une autre fois peut-être ?
Le soir à l’hôtel nous sommes servis à table. Jusqu'à présent dans ce cas c'est : ri-z, de quoi en ri-goler.
Ceux qui auraient voulu visiter Munich by night en seront pour leur frais, en raison d'un gros orage qui survient durant le repas. La pluie se poursuivra durant une bonne partie de la nuit.
Quelques chanceux disposeront d'un lit à baldaquin comme les princes et les princesses. De quoi laisser déborder notre imagination sur la nuit qu'ils ont dû y passer !

Samedi 19 août est notre dernier jour. Il nous reste 403 km pour rejoindre Strasbourg et retrouver Christian et Nathalie qui nous ont tant manqués.

Je ne me souviens plus de grand-chose de cette journée, sinon que nous avons perdu nos guides Christian et Aliette par deux fois, Il faut croire que nous sommes un peu fatigués et moins attentifs en ce dernier jour de cette belle aventure en commun.

Ce que nous avons accompli n'est pas banal.
L'ambiance a toujours été conviviale.

Je remarque, une fois de plus, que chacun se prend en charge sans faire subir aux autres les immanquables petits bobos, petites contrariétés, coups de fatigue.
Les Vroameurs (euses) ne sont pas des tamalous !
L'ambiance a été calme et bon enfant, même s’il y a eu parfois quelques indispositions ou petits heurts passagers.
Quoi de plus normal dans un groupe de 44 personnes et 32 motos cohabitant durant 15 jours sur des trajets souvent longs, dans des conditions climatiques parfois difficiles en raison de la chaleur, de la pluie ou de l'orage, dans des hébergements de tout types, auxquels il a fallu s'adapter quel que soit le confort.
Les parties de rigolades n'ont pas manquées.
Je suis heureuse et même fière de faire partie de cette « bande ».

Je pense qu'au nom de tous, je peux me permettre de remercier en particulier nos guides respectifs, leurs suppléants et ceux qui fermaient les groupes, ainsi que Paul et Jean Marc pour l'intendance.

Merci à Christian et Nathalie qui s'inquiétaient de loin pour nous, pendant que de notre côté, nous suivions de près le bulletin de santé de Christian.
Vivement l'année prochaine pour partager à nouveau des sorties avec eux.
C'est bien parti, comme nous venons de le voir ce jour, 3 septembre 2017 au Rassemblement des Amis.